mercredi 18 juin 2008

Le coup de gueule de la semaine...

... C'est le NON irlandais, bien sûr ! Non pas qu'on ne soit pas contents, bien au contraire, que le seul peuple européen consulté par référendum sur la question ait soigneusement renvoyé aux dirigeants européens le bras d'honneur qu'ils avaient fait aux citoyens (en France le 4 Février, cf notre blog) en refusant de les consulter.




Simplement on constate que les élites européennes ont tellement pris l'habitude de bafouer les décisions démocratiques qu'à peine le vote acquis, elles envisagent de simplement faire... revoter les Irlandais. Elles n'ont même pas pris la peine de jouer le catastrophisme dont on nous avait abreuvé en 2005. Comme si le vote était d'ores et déjà nul et non avenu... L'"incident irlandais", dit Sarko...

Pourquoi ? En plus des habituels arguments (manque d'information des populations, de "pédagogie", réflexes chauvins, conservateurs) qui masquent à peine un mépris profond pour l'expression démocratique lorsqu'elle ne va pas dans le sens des décisions des classes dirigeantes, cette fois, on en a trouvé un nouveau.

Hé oui ! Est-ce possible qu'un peuple qui représente 1 % de la population européenne et qui s'est "goinfré sur le dos de l'Europe" (Sarko de nouveau) puisse s'opposer ainsi à la construction européenne ? En langage clair, quand on demande à quelqu'un de voter en fonction de l'argent qu'il a reçu, ça s'appelle du clientélisme. Belle conception de la démocratie...

Pour finir, offrons quand même la palme du journalisme à l'éditorial de Pierre Rousselin (Figaro du 14 juin). On ne résiste pas au plaisir de vous livrer quelques extraits :

[...] en Irlande, comme en France et sans doute ailleurs, il suffit de présenter un texte au suffrage des électeurs pour que l'addition des mécontents, aux motivations disparates et contradictoires, dépasse le nombre de ceux assez motivés pour aller voter en faveur d'un texte déjà approuvé par leurs élus.

Heureusement, l'Irlande est le seul pays dont la Constitution l'oblige à soumettre tout traité au vote populaire…[...] Un nouveau texte, avec des amendements mineurs répondant aux inquiétudes irlandaises, peut être soumis à un second vote en Irlande. [...] Il n'y a pas d'autre solution. Renégocier le traité de Lisbonne est hors de question.[...]

Manifestement, certains n'ont rien appris depuis 2005...

Le dessin de la semaine


Source : Le Canard Enchainé

mardi 3 juin 2008

Le coup de gueule de la semaine...


Le référendum sur le Traité de Lisbonne, remplaçant du défunt Traité Constitutionnel Européen aura lieu en Irlande aura lieu le 12 juin.


On savait déjà les manoeuvres mises en place pour forcer la main au peuple irlandais : Livre blanc français sur la défense classé secret défense pour ne pas effaroucher des Irlandais attachés à leur neutralité, matraquage et plan gouvernemental irlandais pour faire passer le "oui" révélés par le Daily Mail britannique, doutes entretenus jusque récemment sur la date même du référendum...

Or, le 13 février 2008, au Parlement européen, le député européen Francis Wurtz et d’autres députés européens de la Gauche Unitaire Européenne déposent un amendement.

Cet amendement demande que le Parlement européen « s’engage à respecter le résultat du référendum irlandais » sur le traité de Lisbonne le 12 juin.

Le 21 février 2008, les députés européens votent pour adopter ou rejeter cet amendement.
Que croyez-vous qu’il arriva ?

Seulement 129 députés européens ont voté POUR cet amendement. 12 députés européens de nationalité française ont sauvé l’honneur. En revanche, 499 députés européens ont voté CONTRE cet amendement dont 46 députés européens de nationalité française. Y compris des Verts et des Socialistes tenants du NON...

A quoi devait servir le TCE en 2005 ? Ah oui... "élargir les champs de compétence du Parlement Européen". Heureusement...

L'EPR empire



Il n'y a pas que chez nos voisins que le nucléaire pose problème... Après les retards en cascade du chantier EPR (réacteur de nouvelle génération) en Finlande, c’est au tour de celui de Flamanville d’être arrêté depuis le 21 mai, suite aux « anomalies » relevées, dans la construction, par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).


L'EPR est dangereux en lui-même car trop puissant et produisant des déchets encore plus nocifs que les réacteurs précédents. Il l'est aussi par la recherche frénétique de profits. Celle-ci conduit à la mise en place d’une incontrôlable cascade de sous-traitants, d’une pression sans cesse augmentée sur les salariés, d’économies sur les matériaux, à tel point que le béton n’a pas la qualité requise et que les armatures métalliques sont déficientes.

Ici ce sont en effet les travaux de terrassement, le ferraillage et le béton qui ont été confiés par EDF au groupe Bouygues. Et ce sont des fissures à la suite de la coulée d'un bloc de béton composant la plate forme de l'îlot nucléaire de l'EPR qui ont provoquées la suspension du chantier. Mais rassurons nous : Thomas Houdré, chef de la division de Caen de l'ASN a estimé que "techniquement, ces anomalies ne posent pas de problème en matière de sûreté, mais elles illustrent toutefois un manque de rigueur au niveau du chantier qui est inacceptable" (source AFP). On respire...

Prochaine réunion du Collectif Nouveau Parti


Le collectif d'initiative du Pays de Meaux pour un Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) se réunira mercredi 4 juin à partir de 20h30 à la salle de la Convivialité attenante à la mairie à Chauconin Neufmontiers.

jeudi 29 mai 2008

Retour sur la campagne de José Bové




Les éditions Goutte de Sable publient un ouvrage de photos réalisées durant la campagne présidentielle : Carnet de campagne 2007 José Bové, par Georges Bartoli et Thierry Baffou...






Rats des villes et rats des champs.
On aurait pu croire les genres définitivement séparés par La Fontaine...

Cette campagne aura bien prouvé le contraire. Dans les citées, dans les villes, on aura parlé malbouffe et même souveraineté alimentaire. Sur les causses, dans les prairies de l'ouest, on a débattu de solidarité, d'immigration, mais aussi de pollutions et d'enfouissement de déchets divers et avariés. Bref, partout on aura parlé de tout, et 'est bien ce qu'auraient voulu éviter ceux qui ne voulaient parler que d'eux, que de l'impossibilité de changer les choses et surtout de mettre en route un autre monde.

Dans ce tour de France, on aura vu les invisibles, entendu les inaudibles, serré la louche de ceux qui ne savaient de la politique que ce qu'ils voyaient à la télé et puis, surtout, lancé des passerelles...vers les étoiles ? Peut être !

Mais cette France là qui " ...montait des mines, descendait des collines, celle qui chante en moi, la belle, la Rebelle .. " , du moins avant que les mines ne soient fermées et les collines désertées, c'est justement celle qui rêve d'étoiles et ne voit que la nuit [...]

José Bové

lundi 19 mai 2008

Appel de Politis

Le journal "Politis" a lancé cette semaine un appel signé par des acteurs politiques allant de la LCR à la gauche du PS et de nombreux intellectuels. Il fait le constat de la nécessité d'une réponse antilibérale à la situation actuelle, et de celle d'un "cadre permanent pour faire front". Il suscite le débat et a déjà recueilli près de 3000 signatures en cinq jours. Nous vous invitons à le lire. Et vous pouvez le signer sur : http://www.appel-a-gauche.org





L'alternative à gauche, organisons-la !



Nous célébrons l'anniversaire de mai 68.

Le temps n’est toutefois ni aux commémorations, ni à la nostalgie.

La planète s’est profondément transformée. Le capitalisme se fait toujours plus prédateur. Les émeutes de la faim sont le corollaire de l’enrichissement indécent d’une minorité de privilégiés. Les crises financières s’enchaînent et une catastrophe écologique se dessine. Bousculée par un nouveau totalitarisme de marché, la démocratie s’étiole.

C’est à la refondation d’une politique d’émancipation qu’il importe de s’atteler.

En France, le sarkozysme se heurte déjà à la résistance du pays. Dans les entreprises du secteur privé, dans les services publics, à l’école, d’amples mobilisations se font jour.

À quarante ans de distance, deux questions se reposent à nous : quelles perspectives offrir à la colère sociale ? Comment la volonté de changer radicalement l’ordre des choses peut-elle redonner majoritairement le ton à gauche ?

À cet égard, chacun hélas peut le constater, il manque toujours une force incarnant un projet alternatif.

Du côté de la majorité dirigeante du Parti socialiste, les volontés hégémoniques se confirment, et avec elles les tendances au renoncement social-libéral, inspirées des exemples de MM. Blair ou Prodi. Mais la gauche de transformation sociale et écologiste ne doit pas, elle, s’accommoder d’un statu quo qui lui interdit d’espérer changer en profondeur la donne politique.

La menace du bipartisme devient plus forte, avec son choix mortifère ramené à deux variantes de l’adaptation au libéralisme. Tout cela peut nous conduire à des désastres comme celui que vient de connaître la gauche italienne, incapable d’empêcher le retour de Berlusconi aux affaires et littéralement disloquée.

Les municipales et les cantonales viennent pourtant de prouver qu’il existe ici un espace comparable à celui révélé par Die Linke en Allemagne ou d’autres expériences similaires en Europe. Faute de convergence entre des traditions et des cultures jusqu’ici séparées, faute de prendre en compte l’apport des mouvements sociaux et citoyens ayant émergé depuis plusieurs années, le champ des possibles demeurera inévitablement limité : aucune force constituée ne peut rassembler autour d’elle seule.

Les échecs passés nous instruisent des difficultés de l’entreprise. Nous n’en restons pas moins convaincus que c’est le seul horizon porteur d’avenir.

Un cadre permanent pour faire front

Nous en appelons donc à l’affirmation d’une gauche enfin à gauche. Qui n’oublie plus la nécessité de redistribuer les richesses. Qui soit en phase avec les aspirations des salariés, avec ou sans papiers, des quartiers populaires, des jeunes. Qui conjugue urgence sociale, urgence démocratique et urgence écologique. Qui permette au peuple d’exercer sa souveraineté dans tous les domaines. Qui place l’égalité entre hommes et femmes au cœur de son projet. Qui milite pour un nouveau mode de production et de consommation, soutenable et respectueux des équilibres écologiques. Qui promeuve la construction d’une autre Europe et des rapports de codéveloppement avec le Sud. Qui devienne, ce faisant, une véritable force.

Militants politiques, acteurs du mouvement social et culturel, nous pouvons dès à présent agir de façon coordonnée. Sans préalable sur les engagements des uns et des autres, construisons un cadre permanent qui nous permette, ensemble, nationalement et localement, de réfléchir aux moyens d’une vraie réponse politique aux attaques de la droite et du Medef et d’aborder les grands rendez-vous qui s’annoncent. D’ici l’été, que chacun et chacune se saisisse de cette proposition sur le terrain. Et retrouvons-nous à l’occasion d’un grand rendez-vous national en septembre, afin de prolonger ces échanges.

Premiers signataires :

Paul Ariès, Ariane Ascaride, François Asensi, Clémentine Autain, Christophe Barbillat, Francine Bavay, Hamida Bensadia, Pierre Bergougnoux, Jacques Bidet, Martine Billard, Jean-Jacques Boislaroussie, Patrick Braouezec, Bernard Calabuig, Yves Contassot, Eric Coquerel, Emmanuelle Cosse, Thomas Coutrot, Claude Debons, Bernard Defaix, Marc Dolez, Annie Ernaux, Jean-Claude Gayssot, Jacques Généreux, Susan George, Dominique Grador, Robert Guediguian, Michel Husson, Raoul-Marc Jennar, François Labroille, Frédéric Lebaron, Jacques Lerichomme, Philippe Mangeot, Roger Martelli, François Maspero, Gérard Mauger, Marion Mazauric, Daniel Mermet, Mohammed Mechmache, Philippe Meyrieu, Claude Michel, Yann Moulier-Boutang, Dominique Noguères, Michel Onfray, Christian Picquet, Christophe Ramaux, Yves Salesse, Denis Sieffert, Patrick Silberstein, Evelyne Sire-Marin, Emmanuel Terray, Rémy Toulouse, Marcel Trillat, Christophe Ventura, Marie-Pierre Vieu, Claire Villiers.